Whatsapp VS RGPD

Mi-janvier un bad buzz autour de Whatsapp a explosé, dû à leurs conditions générales d’utilisation de l’application et l’entrée en vigueur du RGPD. Mais quand est-il réellement ? 

Whatsapp en 3 mots

Whatsapp est une application de messagerie instantanée, disponible sur les smartphones mais également sur les ordinateurs une fois installée sur smartphone. Créée en 2009, l’application rencontre un franc succès dès 2010. Elle est rachetée par le groupe Facebook en 2014 pour 16 milliards de dollars : ainsi c’est un gros investissement de la part de Facebook. L’application est désormais utilisée par 2 milliards d’utilisateurs. C’est tout simplement énorme ! 

Cependant, depuis quelques jours Whatsapp voit son nombre d’utilisateurs baisser crescendo.
La cause ? Leurs nouvelles conditions générales d’utilisation ont été mises à jour suite au RGPD.

Le RGPD c’est quoi ?

Le RGPD est le Règlement Général sur la Protection des Données, adopté par l’Union Européenne le 27 avril 2016.

Il est entré en vigueur en France le 25 mai 2018.

Cette nouvelle réglementation a un double but :

  • Protéger les personnes physiques contre l’utilisation non consentie de leurs données personnelles ainsi que le droit à la modification et à la suppression. La France était en avance dans ce domaine avec la loi de 1978 Informatique et Liberté
  • Responsabiliser les entreprises et les collectivités publiques concernant le recueil, la conservation et la communication de ces données

Une donnée personnelle c’est quoi ? 

C’est une information qui permet d’identifier une personne physique comme : photo, adresse, date de naissance, numéro de téléphone, email, numéro de sécurité sociale, relevé d’identité bancaire, etc.

Cette réglementation impose aux entreprises :

  • de demander aux personnes physiques leur accord pour le recueil des données
  • d’indiquer quelles données sont recueillies, dans quel but, à qui elles sont communiquées, combien de temps elles sont conservées (ce que l’on appelle “le traitement”)
  • donner les moyens aux personnes de demander et obtenir la modification et la suppression de ces données.

Concrètement il s’agit d’en faire mention sur les sites Internet et dans les contrats.

Pour les formulaires et paiements en ligne, il faut obligatoirement obtenir l’accord de la personne : en lui faisant cocher la case “je donne mon accord” par exemple pour l’abonnement à la Newsletter du site ou encore en distinguant les rubriques obligatoires à renseigner pour obtenir une réponse ou conclure la vente, par rapport à d’autres rubriques qui n’ont que pour but de recueillir des informations sans rapport avec la démarche (par exemple la date de naissance, le sexe ou la catégorie sociale lors d’un achat en ligne).

En parallèle, l’entreprise doit créer et tenir à jour un Registre des données personnelles dans lequel, pour chaque type de traitement de données une fiche doit être complétée.

Cette réglementation ne concerne pas uniquement les données informatiques : un carnet d’adresse, qu’il soit en jolie papeterie ou sur un téléphone, est concerné de la même manière. Des factures qu’elles soient sur papier ou PDF sont concernées si elles permettent d’identifier une personne physique.

L’application du RGPD pour Whatsapp

Par la mise à jour des CGU de l’application Whatsapp, le groupe Facebook souhaite mettre en commun les données personnelles recueillies sur ses différents réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Messenger, Whatsapp).
Quid de l’utilisation de ces données personnelles ?
Les précédents CGU donnaient le choix à l’utilisateur d’accepter ou non de donner ses informations personnelles.
Dorénavant, le groupe Facebook souhaitait ne pas donner le choix et rendre obligatoire ses CGU. C’est ici qu’intervient le RGPD et sa protection pour les utilisateurs Européens.

Le RGPD rend impossible au groupe Facebook d’obliger l’utilisateur à accepter les CGU de l’application.
Cela est interdit en Europe grâce au RGPD. Cependant, dans les autres pays si l’utilisateur n’accepte pas les CGU, il ne pourra plus utiliser Whatsapp. 

Presentiel

La fuite vers les applications Signal et Telegram 

La réaction des utilisateurs européens de Whatsapp ne s’est pas fait attendre.
De manière quasi immédiate beaucoup d’utilisateurs se sont sentis trompés et ont décidé de fuir l’application pour d’autres. Parmi de nombreuses applications, deux sont sorties du lot : Signal et Telegram.

Signal Messenger est une application de messagerie instantanée, développée en 2010.
L’application a été recommandée par la Commission Européen en tant que messagerie la plus sûre à utiliser dans le domaine privé.
Elon Musk a tweeté début janvier “Use Signal” ce qui a dopé les téléchargements de l’application. Signal avait environ 500 000 utilisateurs début janvier.
L’application en compte désormais plus de 50 millions ! En effet, en l’espace de deux semaines l’application a été téléchargée plus de 47 millions de fois. Elle est même arrivée en top téléchargement de l’AppStore et du PlayStore.

De son côté Telegram est lancée en 2013.
Cette application est elle aussi concurrente de Whatsapp.
Créée par un russe, l’application Telegram garantit la sécurité des messages.
Début janvier, la messagerie comptait près de 500 millions d’utilisateurs. 25 millions de plus les rejoignent suite au bad buzz touchant Whatsapp. Même si l’application Telegram est beaucoup plus utilisée que Signal, elle profite également de ce rebondissement dans le monde des messageries instantanées.
Toutefois, la question de l’arrivée des publicités sur l’application préoccupe. Telegram garantit que les espaces publicitaires seront uniquement dans la partie publique de l’application.
Ainsi les utilisateurs pourront continuer à s’envoyer des messages privés sans être dérangés.

Un pas en arrière pour Whatsapp

Suite à ce rebondissement et à l’exode massif hors de leur messagerie, Whatsapp a décidé de reporter la mise à jour des CGU. Initialement prévue pour le 8 février, Whatsapp décale l’application de ses nouvelles CGU et se laisse le temps de réfléchir (de nouveau) à l’application du RGPD pour ses utilisateurs européens.

Article co écrit par Manon Blanchet et Isabelle Dugied

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